Le contrôle de votre assainissement non collectif
Voici la pièce que l'on découvre trop tard, parce qu'elle ne s'obtient pas là où l'on obtient les autres. Elle est établie par un service public communal, sur son propre calendrier, et aucun diagnostiqueur ne peut la produire à sa place. Un vendeur qui l'apprend trois semaines avant la promesse a déjà perdu du temps.
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- La durée que le rapport garde
- Trois ans pour une vente, et rien à joindre pour un bail
- Le compte part de la date du contrôle par le service de la commune. Code de la santé publique, article L1331-11-1.
- Qui l'établit, et pourquoi ce n'est pas un diagnostiqueur
- Le service public d'assainissement non collectif dont dépend votre commune
- C'est la seule pièce du dossier qu'aucun diagnostiqueur ne peut produire, quelle que soit sa certification, parce qu'il ne s'agit pas d'un diagnostic mais d'un contrôle exercé au titre d'une mission de service public. Il est assuré par la commune, le plus souvent par l'intercommunalité à laquelle elle l'a transférée, parfois par un prestataire que celle-ci a retenu. La demande se fait auprès d'eux, et elle ne se glisse pas dans la commande des autres pièces.

- Vous vendezDue si votre bien remplit la conditionDue dès que l'immeuble d'habitation vendu n'est pas relié au réseau public de collecte. C'est le raccordement, et lui seul, qui décide : ni la surface du terrain, ni l'âge de la maison, ni la nature de la filière n'entrent dans la condition.Code de la santé publique, article L1331-11-1, version en vigueur au 25 août 2021
- Vous mettez en locationHors du dossier de cette opérationLe dossier remis au locataire ne comporte pas ce document. L'entretien de l'installation demeure une charge du bail, et le contrôle périodique exercé par le service de la commune continue de courir indépendamment de l'occupation.Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur au 1er janvier 2023
- Vous engagez des travauxÀ confirmer avant de commanderLorsque le contrôle conclut à la non-conformité, l'acquéreur fait procéder aux travaux dans le délai d'un an qui suit l'acte. Leur consistance vient du rapport lui-même, et le service de la commune vérifie ensuite ce qui a été fait.Code de la santé publique, article L1331-11-1, version en vigueur au 25 août 2021
Le contrôle de l'assainissement non collectif est l'examen de l'installation qui traite les eaux usées d'un immeuble d'habitation qui n'est pas relié au réseau public de collecte. Il décrit la filière en place, constate son fonctionnement, relève les non-conformités et conclut par un avis motivé.
Ce document est le seul du dossier qui ne sort pas de la main d'un diagnostiqueur. Il est établi par le service public d'assainissement non collectif de la commune ou de l'intercommunalité, dans le cadre d'une mission de service public. Un professionnel certifié pour toutes les autres pièces ne peut pas produire celle-ci, et il vous le dira.
La conséquence pratique est simple à énoncer et facile à oublier : cette pièce ne se commande pas au même endroit, ne suit pas le même calendrier, et n'arrive pas avec les autres. Elle se demande en mairie, elle suppose un rendez-vous, et elle se prépare dès que la décision de vendre est prise.
Chez la commune, pas chez le diagnostiqueur
Toutes les autres pièces de votre dossier obéissent au même schéma : un professionnel certifié, une visite, un rapport. Celle-ci sort du schéma, et il vaut mieux l'apprendre ici qu'au téléphone avec un diagnostiqueur qui vous expliquera qu'il ne peut pas s'en charger.
La raison n'est pas administrative, elle est de fond. Le contrôle des installations qui traitent les eaux usées relève de la salubrité publique et de la protection des milieux : la commune en est responsable, elle exerce cette compétence directement ou l'a transférée à une intercommunalité, et le service qui l'assure porte un nom que vous verrez écrit partout, le service public d'assainissement non collectif. Un prestataire privé peut intervenir pour son compte, mais il agit alors sous son autorité et non sous une certification de diagnostiqueur.
Il en découle une manière de s'y prendre. La demande se dépose auprès de la mairie ou du service intercommunal, qui indique la marche à suivre, la personne à joindre et les pièces à fournir. Le rendez-vous se fixe avec eux, la visite se fait en votre présence ou en celle de votre mandataire, et le rapport vous parvient ensuite selon leurs propres délais.
Une chose ne change pas, en revanche : cette pièce compte dans le dossier au même titre que les autres. Son absence rend le dossier incomplet le jour de la promesse, et l'acquéreur qui découvre l'installation après la vente sans avoir reçu le rapport se trouve dans une position que le vendeur n'a pas envie de lui offrir.
Sans raccordement au réseau public, la pièce devient due
La condition est binaire et elle se vérifie d'un coup d'oeil : l'immeuble d'habitation vendu est-il relié au réseau public de collecte. S'il l'est, cette pièce ne fait pas partie de votre dossier et rien ne remplace ce constat, ni la taille du terrain, ni la présence d'un puits, ni l'ancienneté de la maison. S'il ne l'est pas, elle est due.
En pratique, le doute est rare mais il existe. Une maison de bourg peut avoir gardé sa fosse alors que ses voisines ont été reliées ; un lotissement peut avoir été raccordé par tranches. La mairie détient la réponse, et l'attestation de raccordement que certains services délivrent règle la question en une page pour ceux qui sont reliés.
Un cas mérite d'être distingué, parce qu'il se traite ailleurs. Quand le réseau public passe devant la parcelle et que la maison n'y est toujours pas reliée, la question n'est plus celle du contrôle mais celle du raccordement lui-même, qui s'impose dans un délai que la commune vous indiquera. Le contrôle reste dû tant que le raccordement n'est pas fait, et il portera sur une installation dont chacun sait déjà qu'elle va disparaître.
Deux autres situations sortent du champ. Un terrain nu ne porte aucune installation à contrôler, et sa vente n'appelle pas cette pièce. Un lot de copropriété relié à un dispositif commun ne se contrôle pas non plus lot par lot : c'est l'installation de l'immeuble qui est examinée, et le syndic détient le rapport.
Avant la promesse, le temps qu'il faut compter
C'est le point qui coûte le plus de journées, et il tient à une différence de rythme. Un diagnostiqueur vit d'une clientèle de vendeurs pressés et il organise ses tournées pour cela. Un service communal exerce une mission qui ne dépend pas de votre calendrier de signature, et il fixe les visites selon le sien.
La conséquence est un ordre de commande à part. Demandez ce contrôle au moment où vous décidez de vendre, avant même de signer un mandat, et faites-le établir pendant que les autres pièces se commandent. C'est la seule de votre dossier qui doit partir en premier pour arriver à l'heure.
Regardez d'abord si vous en avez déjà un. Le service passe périodiquement pour un contrôle de bon fonctionnement, et le rapport qu'il a laissé lors de son dernier passage peut suffire s'il a moins de trois ans à la date de la promesse. Beaucoup de vendeurs relancent une visite alors que le document dort dans un classeur, et beaucoup d'autres croient le leur valable alors qu'il est plus ancien.
Enfin, préparez la visite comme elle doit l'être. Les regards et les tampons doivent être dégagés et ouvrables, la filière accessible, et le plan de l'installation disponible s'il existe. Un agent qui ne peut pas ouvrir un regard le note, et une visite qui se conclut par une impossibilité d'accès se recommence, ce qui ajoute un tour de calendrier à un calendrier déjà tendu.
Après la vente, l'année laissée pour la conformité
Un avis de non-conformité n'interdit pas de vendre, et c'est la première chose à savoir. Le texte n'a pas organisé un blocage, il a organisé une suite : lorsque l'installation n'est pas conforme, l'acquéreur fait procéder aux travaux dans le délai d'un an qui suit l'acte de vente. L'obligation change donc d'épaules le jour de la signature.
Ce déplacement explique tout ce qui se joue dans la négociation. Un acquéreur qui reçoit un rapport défavorable sait qu'il devra engager des travaux dans l'année, et il le porte à la discussion sur le prix. Un vendeur qui a fait établir le contrôle tôt connaît cette ligne avant l'acquéreur, ce qui lui laisse le choix entre traiter l'installation lui-même et l'assumer dans le prix.
Les deux options se défendent. Refaire une filière avant la vente supprime l'objection et permet de vendre une installation neuve, avec la vérification du service à l'appui. Vendre en l'état raccourcit le calendrier et laisse l'acquéreur choisir la filière qui lui convient, ce que beaucoup préfèrent quand ils projettent d'agrandir ou de rénover.
Dans les deux cas, la boucle se referme auprès du même service. Ce sont les agents de la commune qui reviennent vérifier la conception du projet puis l'exécution des travaux, et qui délivrent l'avis qui clôt le dossier. Gardez ces documents avec le titre de propriété : ils seront la première pièce demandée à la vente suivante.
Ce que le rapport de contrôle décrit
- La description de la filière en place, du prétraitement au dispositif de traitement et jusqu'à l'exutoire.
- Le constat de fonctionnement dressé lors de la visite, avec l'accessibilité des regards.
- La liste des non-conformités, chacune rattachée à ce qu'elle met en cause.
- L'existence, s'il y a lieu, d'un danger pour la santé des personnes ou d'un risque avéré pour l'environnement.
- L'avis motivé du service, et les travaux qu'il rend nécessaires.
- La date du contrôle, qui est celle à partir de laquelle la durée se compte.
Les questions posées avant une vente en assainissement autonome
Ma maison est raccordée à l'égout, dois-je quand même ce contrôle ?
Non. La pièce ne concerne que les immeubles d'habitation qui ne sont pas reliés au réseau public de collecte. Si un acquéreur vous interroge, la mairie ou le service qui gère le réseau délivre une attestation de raccordement qui répond en une page.
La commune met des semaines à venir, puis-je signer sans le rapport ?
Le dossier serait incomplet, et c'est une prise de risque inutile. La bonne réponse est en amont : demandez le contrôle dès la décision de vendre, avant de commander les autres pièces. Si le calendrier est déjà lancé, prévenez le notaire, qui organisera la suite avec vous.
Mon installation est déclarée non conforme, la vente est-elle bloquée ?
Non. La vente se conclut, et l'obligation de mise en conformité passe à l'acquéreur, qui dispose d'un an après l'acte pour faire procéder aux travaux. Ce que change l'avis défavorable est la discussion sur le prix, pas la possibilité de signer.
Le contrôle périodique de la commune de l'an dernier me sert-il ?
Oui, s'il a moins de trois ans à la date de la promesse et qu'il décrit l'installation telle qu'elle est aujourd'hui. Regardez la date portée sur le rapport avant de demander une nouvelle visite : vous éviterez d'attendre pour un document que vous détenez déjà.
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